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 Le Matin de Zalingeï.

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PascalDufrénoy

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Age : 58
Localisation : Flandre
Date d'inscription : 05/11/2008

MessageSujet: Le Matin de Zalingeï.   Jeu 10 Juin - 21:41

Le
Matin de Zalingeï.










Des
fragrances poivrées tournoient en lisière de la cité

Ondulant
vers un territoire où ne subsiste aucun soupçon

Des
tribus mercenaires séjournent dans le jardin du gouverneur

De
vieux bidons d’essence rouillent sous une véranda




Bonjour
étrange aurore

Les
proscrits déambulent sur la piste vers la capitale

Aucune
logique, aucune clémence, pas d’entracte, pas de rémission.




L’espace
est fébrile ce matin

Mais
nul fugitif ne se posera la question

Je
suis accroupi là sur le seuil de la maison


Tenant
la main du vieil homme




Il
murmure les versets de son enfance voilée

Le
démineur hoche la tête et enfile sa chemise

Attendant
le signal quand le fracas sera la seule issue

Et
le pogrom, l'hideuse débauche d'un improbable épilogue


Dans
une ville en tôle et en rouille au seuil d'un monde impensable




Avoir
pour un temps la conviction d’une vérité suprême

Avoir
encore vingt ans ou trente ans et des mots pleins la bouche

Marcher
dans une plaine de terres fécondes




Et
se fondre dans l’humanité radieuse




L’espace
est fébrile ce matin

Les
fugitifs ont cessé leur voyage

Je
suis accroupi là sur le seuil de la maison

Caressant
la joue du vieil homme




Le
patriarche chuchote alors :


«
Compagnon, quoi que tu fasses il y a ici une mission à remplir

Quoi
que tu fasses un homme quelque part se lève et se met à marcher

Plus
fort que l’accomplissement, il y a l’espoir d’arriver au bout.




Tiens-moi
la main, Compagnon, parce que je m’en vais

Je
continue ma route vers d’autres perspectives





où un homme se lève, un peu d’espoir se soulève

Comme
la poussière rouge de la piste


où un homme tombe, le chemin s’est prolongé

Pas
à pas, kilomètre après kilomètre

Déjà
au loin, la poussière d’espoir se remet à voler

Tiens-moi
la main, Frère et tu verras cela.




La
lumière décline vers l’ouest assoupi


Aucun
proscrit ne traverse sans laisser son empreinte

Je
suis accroupi là sur le seuil de la maison

Veillant
sur le vieil homme…


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Le Matin de Zalingeï.
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