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 Les Flatulences du Boucanier. 2 Les joies de la compétition.

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PascalDufrénoy

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MessageSujet: Les Flatulences du Boucanier. 2 Les joies de la compétition.   Ven 13 Nov - 22:40

Les Flatulences du Boucanier. 2

Les joies de la compétition...

Chitpolis, novembre 2109.

Les feuilles des Plastiplatanes tombaient, la programmation informatique avait été judicieusement élaborée... Le Boucanier sortait comme chaque soir de l'HebdomadaireLa Voix Des Porcs, organe d'informations récréatives à l'usage des vétérinaires ORL, profession devenue indispensable depuis la mutation génétique d'il y a un siècle.
En effet, comme les plus âgés s'en souviennent peut-être... Il s'est passé tant de choses depuis... La campagne de vaccination orchestrée contre la grippe porcine ne s'était soldée que par un échec médiatique retentissant. Déjà, la précédente épidémie de grippe aviaire n'était pas parvenue à convaincre le peuple.
Beaucoup de patients s'étaient envolés, le pouvoir de l'époque prit donc des
mesures drastiques envers les survivants... Ils furent plumés systématiquement...
Malheureusement,la mauvaise volonté des populations fut bien punie, le virus muta et une partie de l'humanité relativement importante se métamorphosa. L'homosapiens sapiens devint homoporcus porcus, cette transformation affectant majoritairement des spécimens de sexe masculin, avec quelques exceptions notables.
Cette nouvelle communauté fut surnommée par les médias friands de dialectique : SupPorcs...
Une cohabitation bien que difficile fût établie, et la société des SuPorcs prospéra.Il est bien entendu, que lorsque le peuple s'ennuie, il complote. Songeant à ce souci récurrent dans toutes les sociétés avancées, le chef suprême constitua un nMinistère du Porc et de la Genèse, à charge pour son représentant d'organiser des compétitions pour ces braves bestiaux. A l'époque, ce fut un chauve chambellan bêlant qui s'y colla en la personne d'Oscar Lalourde, ce dernier bien qu'ayant fait un passage éclair au ministère réglementa la prise d'hormones pour les athlètes qui ne devaient pas dépasser le poids de 1000 livres pour 0,20 gramme de matière grise, quota sévère certes, mais que deviendrait le noble art du Porc sans cette réglementation ?
Ainsi naquit le Bouse Ball et les vétérinaires ORL connurent leur âge d'or en
devenant entraîneur-guérisseur, La Voix des Porcs devint prospère tirant à 23 exemplaires, voire 37 les soirs de victoire de l'équipe locale...
Le Bouse Ball était un jeu simple, il ne fallait pas désorienter le peuple. Le but était de déposer le plus grand nombre de bouses derrière les lignes ennemies, la fédération internationale tolérait l'usage de toutes autres déjections, à condition que la taille fût réglementaire... Des versions réduites pour les salles ou les enfants existaient avec des fientes de pigeons, mais la taille négligeable de l'enjeu et l'inconsistance du projectile n'intéressait pas les grands Réseaux Visuels.
Dans la cité donc, la rumeur était grande. Le Racing Club de Groin allait rencontrer en Coupe du Monde Connu, la terrible formation de Saint Jean Pied de Porc, autour du stade Beau Lard, les lumières et les feux d'artifice explosaient.
Souvent les vociférations des SupPorcs attiraient les groupuscules des apprentis charcutiers armés de leurs longs couteaux, heureusement les Gardiens de la Compagnie Répressive du Salami calmaient le tumulte en arrosant de cervoise tiède les gradins du stade, ils disposaient pour cela de véhicules pompes et aspergeaient à profusion.
Le Bouse Ball était une manne financière et le sultanat en place se réjouissait de cet impôt volontaire, indolore et soporifique.
Il faut bien avouer que l'époque était des plus morose, les lieux de convivialité disparaissaient comme peau de chagrin. Le lobby des gens propres sur eux avait obtenu du gouvernement l'interdiction absolue de se mettre les doigts dans le nez dans les lieux publics, pratique considérée comme néfaste pour la santé.
Les cafetiers et restaurateurs bien ennuyés par ce décret ignominieux
s'ingénièrent à installer des endroits aménagés, havres de paix où les
gratteurs de nez pourraient continuer leurs conversations tout en se livrant à leur occupation favorite.
Cet oukaze avait eu des retombées inattendues, le prix des mouchoirs en papier flamba (ce qui est toujours ennuyeux pour un mouchoir, cela dit en passant...), rendant inaccessible cet accessoire indispensable au gratteur de nez ayant l'âme du collectionneur.
Le Boucanier pensif, donc... Retournait dans son trois mètres carré, privilège
insensé qui lui ponctionnait les 200 000 crédits de son maigre traitement...
Sur la place Patrick Sébastien se tenait un meeting.
Un vieillard cacochyme bien que cruel crachotait dans un antique microphone. Le Boucanier reconnut en l'orateur Carl Pasta, l'ex-chambellan qui fut un temps chef du sinistre Service des Accusations Crapuleuses. Le pauvre homme déclamait son innocence à qui voulait l'entendre tout en chargeant la personne d'un ancien dirigeant du royaume : le sultan d'avant Nicolaescu, le bon patriarche Jack Patrac, auteur d'un brûlot où il révélait aux masses avides les dessous du pouvoir et accessoirement, la recette de la tête de veau sauce Gribiche... Ce grand prix de la littérature moderne et politico-alimentaire faisait la joie de la ménagère de moins de cinquante ans...
Accablé de fatigue et de lassitude, le Boucanier traversa la place bondée. Au loin, vers le stade Beau Lard, la rumeur grondait toujours... Cela n'en finirait donc jamais.
Mais un gargouillement anodin de l'abdomen fit venir un sourire aux lèvres gercées de notre Boucanier... Pour ce soir, tout n'était peut-être pas perdu... Bientôt... Tout de suite... La place Patrick Sébastien deviendrait un lieu de désolation...




Toute ressemblance avec
des personnes existantes ou ayant existé… Et bien, c'est bien fait pour eux!!!
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