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 Une peste

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Ladysabel

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MessageSujet: Une peste   Dim 16 Nov - 7:57

« Fous le camp ! Tu m’entends ? Dégage ! J’en ai marre de te voir collé à mes basques tous les jours et presque tous les soirs ! Oui, nous travaillons ensemble et oui nous sommes amis. Mais, là, franchement, tu me saoules ! J’étouffe, tu comprends ? Tu es là, tout le temps là, à me tourner autour comme une mouche autour d’un pot de miel ! Il faut que tu arrêtes, parce que tu n’auras jamais ce que tu attends, jamais ! Je ne t’aime pas ! Tu piges ? Je ne t’aime pas ! Va-t-en et laisse-moi tranquille maintenant. »

C’est une peste, une adorable peste, mais une peste quand même. Elle évolue dans des sphères inaccessibles où nul ne peut l’atteindre. Tantôt douce, tantôt espiègle, son charme n’a d’égal que son mépris. Belle et intelligente, la vie a fait d’elle un être si dur que plus rien n’atteint son cœur. Sous des airs de jolie poupée, ses yeux brillent de toute cette hargne qui l’habite, de toute la souffrance qui a fait d’elle ce qu’elle est.

C’est cette façade qu’elle affiche, elle refuse de dévoiler toute sensibilité, toute fragilité, elle veut se montrer forte, pleine d’assurance. Et quand Cupidon ose bander son arc, cette carapace qui la protège depuis toujours renvoie les flèches comme des boomerangs.

Malgré tout, il espère, toujours, confiant. Le renoncement, il n’y pense pas tant il tient à elle, telle qu’elle est. Il sait qu’il parviendra un jour à ce qu’elle se livre, lui dise ce qui la ronge. Parfois, quelques paroles lui échappent, lorsqu’elle tombe le masque, les jours où elle se sent un peu moins mal, les jours où elle sort de sa tanière. Il aime ces instants où il la sent présente, rien qu’avec lui, presque vulnérable. Il aime alors cette sensation d’intimité partagée, mais si brève qu’il souhaiterait chaque fois arrêter le temps.

Il sait, quand elle est agressive et parfois même cinglante, que la raison profonde de ce comportement n’est que le mal qui la ronge. Il doit alors prendre un peu de distance, se protéger de ses colères. Des colères comme celle de ce soir, alors qu’il ne souhaite que la protéger de ces monstres qui rôdent. Ils sont là, leur verre à la main, à discourir, la langue pendante tels des loups affamés. Et bien qu’elle le refuse, il continue à veiller sur elle. Elle est même loin d’imaginer à quel point. Cette pensée le fait sourire.

« Quoi ? Pourquoi souris-tu bêtement ? Qu’y a-t-il de si amusant ? Décidément, je ne te comprendrai jamais… «

Non, ma belle, tu ne peux pas comprendre. Tu ne peux pas parce que tu ne sais pas…

Elle ne sait pas jusqu’où il est allé, ces derniers mois, pour que les monstres ne lui fassent pas de mal. Il sait qu’il a bien fait, que personne d’autre que lui ne peut comprendre les dangers qu’elle court. Il doit agir afin que rien ni personne ne vienne se mettre en travers de sa route et l’empêche de l’aimer.

Il a d’ailleurs déjà éliminé un certain nombre d’obstacles, tous plus odieux les uns que les autres. Le dernier n’a pas vraiment apprécié le traitement, mais il l’avait cherché. Il croyait quoi ? Pour qui se prenait-il ? Encore un qui lui aurait fait miroiter des merveilles et qui serait parti dès qu’il aurait obtenu ce qu’il voulait. Il ne pouvait pas laisser faire.

Il se souvient qu’il l’avait suivi longtemps, celui-ci. Pendant deux semaines il avait épié ses moindres gestes, ses allées et venues du matin au soir. Et même au supermarché ! Il rit en silence en revoyant ce petit prétentieux en train de pousser son caddy dans lequel il ne déposait que des produits bio ou allégés, des sodas lights. La cerise sur le gâteau avait été les sels de bain parfumés… Ce petit merdeux espérait peut-être la mettre dans sa baignoire... C’est à cet instant que son sourire s’était effacé et qu’il avait pris sa décision. Il savait déjà comment il le tuerait.

Et ce soir, il se dit que cette méthode particulièrement rapide et efficace sera désormais celle qu’il utilisera à chaque fois que cela sera nécessaire. Parce qu’il y aura d’autres fois, encore et encore, tant qu’ils ne comprendront pas qu’elle est à lui et qu’ils ne l’auront jamais…


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yves le guern

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MessageSujet: Re: Une peste   Dim 16 Nov - 14:13

ben et la suite ? je reste sur ma faim là ! biz
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Ladysabel

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MessageSujet: Re: Une peste   Dim 16 Nov - 17:40

Je n'avais pas vraiment prévu de suite... mais il est bien possible que quelques idées commencent à germer dans ma petite tête... Smile

Merci,Yves.
Bise
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Colegram

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MessageSujet: Re: Une peste   Dim 16 Nov - 18:05

Voui, c'est un bon début, Lady, ça pourrait appeler une suite à la Hitchcock... Tu sais ménager le suspense; on ne s'attend pas à la tournure que cela prend dans les derniers paragraphes. Very Happy

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F-verseau

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MessageSujet: Re: Une peste   Lun 17 Nov - 6:38

Aimer sans retour au point de tuer, c'est fou mais c'est triste.
Merci pour cet excellent texte Lady.
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micro

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MessageSujet: Re: Une peste   Mer 19 Nov - 18:49

les boules !!!

bon pas très littéraire mon commentaire !

mais bon moi ca me fait un peu peur là.....
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Ladysabel

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MessageSujet: Re: Une peste   Mer 19 Nov - 19:11

Colegram et F-verseau, merci à vous de vos gentils commentaires Smile

Micro... c'est pour de faux !! Laughing
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micro

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MessageSujet: Re: Une peste   Mer 19 Nov - 19:55

ouais ouais ouais
m'amusez tous avec vos c pour de faux !!!!
pffff !
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Ladysabel

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MessageSujet: Re: Une peste   Mer 19 Nov - 21:14

c'est à force de lire des thrillers et de regarder des séries qui font flipper, on finit par avoir de drôles d'idées et voilà ce qu'on écrit...

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Ladysabel

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MessageSujet: Re: Une peste   Mer 19 Nov - 21:19

(suite...)




« Je ne le supporte plus… Non mais qui est-il pour penser avoir des droits sur moi ? Son air de chien battu m’agace et son regard de propriétaire outragé me rend folle. Il doit arrêter sinon ça va mal se terminer… »

Elle en est là de ses pensées lorsqu’un des invités, beau mâle brun aux yeux noirs l’approche et lui tend une flûte de champagne. Elle l’accueille bien sûr avec son sourire des plus charmeurs et ses yeux pétillent comme le breuvage contenu dans le verre. Elle n’hésite pas une seconde à engager la conversation, parce qu’après tout, ce type n’est pas si mal. Il y a quelque chose de si envoûtant dans son regard que l’on ne peut s’en détacher. Quelque chose de surprenant et doux à la fois est en train de se passer. L’alchimie opère, les mots coulent tous seuls, cet homme est charmant et plein d’humour. Le temps passe très vite et la perspective de finir la soirée ensemble n’est pas exclue.

Rien de leur conversation ne lui a échappé. Il était resté à bonne distance lorsqu’il avait vu le bellâtre lui parler. Les œillades qu’elle lui offre et ses éclats de rire sont autant de coups de poignard qui le transpercent. Il sent une bouffée de colère l’envahir mais reste calme, bouillant intérieurement. Elle fait encore son numéro, mais lui sait que de toute façon rien n’est possible entre elle et cet homme. Il n’a aucun doute sur ce qu’il doit faire pour que rien n’arrive.

Il les voit sortir de la pièce ensemble, l’autre la prend délicatement par le bras et elle lui sourit. Quelle idiote ! Elle n’a décidément rien compris ! A moins qu’elle n’agisse volontairement…Quelle ironie, elle cherche à lui faire mal, elle est parfaitement consciente que son attitude le détruit. Avant de franchir la porte, elle s’est retournée et l’a regardé fixement, avec cette lueur de défi dans les yeux qui disait « Vas-y, empêche-moi de le suivre, pour voir ! ». Non, il ne lui donnera pas la satisfaction d’une scène devant tout le monde, il refuse de se ridiculiser. Après tout, cela ne changera rien.

Il leur laisse un peu d’avance et les suit à bonne distance car il sait où ils vont. Elle n’habite pas très loin de l’institut et envisage sûrement de l’inviter à prendre le fameux dernier verre… Il sourit en pensant que pour ce pauvre type, ce sera vraiment le dernier verre. Il les laisse entrer dans l’immeuble, il n’est pas pressé. S’il n’est pas redescendu dans une demi-heure, c’est qu’ils auront entamé plus sérieusement la bouteille et que la nuit sera agitée. Comme chaque fois. Demain matin il sera alors temps d’agir…

Il a peu dormi, juste somnolé tout habillé sur le canapé. Une chance qu’il ne soit pas de garde aujourd’hui, il aura tout le temps de s’occuper du beau jeune homme...



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micro

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MessageSujet: Re: Une peste   Jeu 20 Nov - 1:17

je répète ! les boules !!!!
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F-verseau

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MessageSujet: Re: Une peste   Sam 22 Nov - 23:35

C'est stressant !
Continue Lady !
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Ladysabel

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MessageSujet: Re: Une peste   Mar 25 Nov - 6:34

(suite)



Il a peu dormi, juste somnolé tout habillé sur le canapé. Une chance qu’il ne soit pas de garde aujourd’hui, il aura tout le temps de s’occuper du beau jeune homme…

Il est en bas de chez elle en quelques minutes, le jour se lève à peine et les rues encore vides vont bientôt déverser leur flot de voitures. Il lève la tête en direction de sa fenêtre où une faible lumière filtre à travers les stores. Il s’aperçoit alors qu’il a commencé à pleuvoir, une petite pluie fine rafraîchit son visage. Il aime se trouver là, au petit jour quand tout est encore endormi. Il se contente d’apprécier le calme qui l’entoure et guette le moment où il verra son ombre passer près de la fenêtre, juste éclairée par la lumière diffusée par la lampe de chevet. Il aime lorsqu’elle s’attarde près de cette fenêtre, il devine ses jolies formes et pense au jour où elles seront siennes, où il pourra les caresser du bout des doigts. Il est alors serein, en paix avec lui-même, il n’éprouve aucun remord pour ce qu’il fait, puisqu’il le fait pour elle.

L’ombre de celui qui a réussi à la séduire cette nuit passe rapidement de l’autre côté de la fenêtre. Depuis le trottoir, il discerne vaguement quelques mouvements, l’imagine enfilant son pantalon, puis sa chemise dont il doit manquer maintenant quelques boutons, enfin sa veste, posée en vrac sur le canapé puisqu’il n’a certainement pas pris le temps de la poser délicatement sur le dossier de la chaise. Tout se passe exactement comme il le pressentait, elle se réveillera seule encore ce matin, sa main cherchera un corps près d’elle et ne le trouvera pas, elle essaiera de se rendormir pour oublier ce sentiment de vide, cette solitude dans laquelle elle s’est enfermée petit à petit, au point de ne plus savoir comment en sortir. Le sommeil la fuira, comme d’habitude et elle arrivera encore à l’institut avec de jolis cernes sous les yeux. Ces cernes qu’elle combat chaque matin, en vain, la rendent belle. Elles creusent un peu ses grands yeux tristes, leur donnant une merveilleuse profondeur.

Il observe fixement la porte de l’immeuble, s’attendant à voir sortir l’amant d’une nuit d’une seconde à l’autre.

Il arrive effectivement en courant, cherche sa voiture garée non loin de là, la repère et s’y précipite à grandes enjambées. Il met le contact et déboîte pour s’engager dans l’avenue. La direction ne répond pas normalement, un bruit de pneu crevé déchire le silence de l’aube. Il serre le frein à main, sort de sa voiture pour vérifier l’étendue des dégâts et étouffe alors un cri de rage en constatant que ce n’est pas un pneu qui est crevé, mais les quatre ! Décidément, il aurait mieux fait de rentrer chez lui hier soir, il aurait évité ainsi le fiasco d’une nuit sans passion, sans chaleur et la perspective d’une journée qui s'annonce grandiose.

C’est vrai que la nuit dernière aurait pu être plus agréable. Il repense à cette superbe fille, qu’il a laissée seule là-haut… Etrange, mystérieuse, belle à se damner, mais d’une froideur à vous couper tous vos moyens. Il a dû faire preuve d’une imagination débordante pour essayer de pimenter un peu leur étreinte, mais il l’a sentie si absente… C’était comme si son esprit était ailleurs, elle paraissait si loin de cette chambre, du lit qu’ils ont partagé. Il aurait aimé pénétrer ses pensées, lire en elle et tout savoir. Mais elle n’est pas de celles qui se confient, elle est introvertie, froide et sombre… Pas pour lui, cette fille. Il est préférable d’oublier qu’il aurait pu y avoir quelque chose entre eux, elle semble un peu trop compliquée pour lui. Il chasse ces idées de sa tête et tente de trouver une solution pour rentrer chez lui prendre une douche avant d’aller au bureau. Il n’a pas le choix, il va devoir prendre le premier métro. Et voilà qu’il commence à pleuvoir et il déteste la pluie.

En le voyant courir dans sa direction, l’homme se dit que c’est le bon moment, que l’occasion ne se représentera peut-être pas. Mais il n’est pas vraiment prêt, il doit le suivre encore, étudier ses habitudes, le pister quelques jours, comme les autres.

Cependant, il se rend compte ce matin que le besoin d’en finir rapidement se fait sentir de plus en plus tôt, que le sursis qu’il laisse à ses victimes est de plus en plus court. La montée d’adrénaline qu’il éprouve à chaque fois est devenue incroyablement forte et a créé une dépendance à laquelle il ne s’attendait pas. Il éprouve une immense sensation de puissance quand il voit la peur dans leurs yeux, lorsqu’il y lit toujours la même question : »Pourquoi ? ». Ce frisson, proche de la jouissance, il ne l’avait jamais ressenti auparavant et il n’est même pas certain que toutes ses nuits avec elle lui procureraient un tel plaisir. Mais il doit être raisonnable et préparer la sanction avec toute la minutie qu’elle mérite.

Il le suit jusque dans le métro, le voit monter dans la rame qui est à quai et a juste le temps de sauter à l’intérieur du wagon à côté de celui dans lequel il s’est installé. Il peut le voir par la vitre qui sépare les deux wagons, assis, le regard complètement vide, comme si la nuit qu’il venait de passer n’avait pas existé. Cet homme est tout ce qu’il exècre. Sans le connaître, il arrive à le haïr. Il n’aura aucun mal à évincer celui-ci aussi.



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Mysticaela
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MessageSujet: Re: Une peste   Mar 25 Nov - 16:53

toi qui ne prévoyait pas de prime abord une suite, tu vas nous faire un roman!!
quel plaisir cette lecture!
quel suspens, quelle accroche!!
Bravo lady et... encore!!!!!!

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Le plus difficile n'est pas de commencer, mais de recommencer. Il n'y a que ceux qui recommencent, qui achèvent.
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Ladysabel

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MessageSujet: Re: Une peste   Mar 25 Nov - 17:34

merci merci Embarassed
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Colegram

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MessageSujet: Re: Une peste   Mer 26 Nov - 4:44

Quel talent, Lady, tu nous tiens en haleine ! Very Happy

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Ladysabel

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MessageSujet: Re: Une peste   Mer 26 Nov - 5:11

Merci Colegram I love you
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Krizalyd'



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MessageSujet: Re: Une peste   Mer 26 Nov - 18:01

Bravo ! Voilà le genre de textes que j'adore lire ! Très bien écrit, joli suspens. Merci !
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Ladysabel

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MessageSujet: Re: Une peste   Mer 26 Nov - 22:12

Merci à toi, Krizalyd'.

La suite est dans ma tête, j'ai plus qu'à l'écrire... mais l'admin en chef vient de me filer du boulot, donc, je laisse mon texte en plan un moment...
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Krizalyd'



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MessageSujet: Re: Une peste   Mer 26 Nov - 23:18

On va donc attendre patiemment...

Wink

Very Happy
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Vent du sud

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MessageSujet: Re: Une peste   Dim 30 Nov - 19:48

Compliments!

Et tes descriptions sont pour moi excellentes comme :

Il le suit jusque dans le métro, le voit monter dans la rame qui est à quai et a juste le temps de sauter à l’intérieur du wagon à côté de celui dans lequel il s’est installé. Il peut le voir par la vitre qui sépare les deux wagons, assis, le regard complètement vide, comme si la nuit qu’il venait de passer n’avait pas existé. Cet homme est tout ce qu’il exècre. Sans le connaître, il arrive à le haïr.

Trés bon.

Merci.
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Ladysabel

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MessageSujet: Re: Une peste   Dim 30 Nov - 22:36

Merci de tes gentils mots, Vent du sud I love you
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Diane

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MessageSujet: Re: Une peste   Lun 1 Déc - 1:15

flower I love you flower
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Ladysabel

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MessageSujet: Re: Une peste   Lun 1 Déc - 7:30

Diane, merci I love you

Et voilà, j'ai écrit la suite et... fin ! Smile




Il le suit jusque dans le métro, le voit monter dans la rame qui est à quai et a juste le temps de sauter à l’intérieur du wagon à côté de celui dans lequel il s’est installé. Il peut le voir par la vitre qui sépare les deux wagons, assis, le regard complètement vide, comme si la nuit qu’il venait de passer n’avait pas existé. Cet homme est tout ce qu’il exècre. Sans le connaître, il arrive à le haïr. Il n’aura aucun mal à évincer celui-ci aussi.



Elle a froid et remonte le drap sur son épaule, pose sa main de l’autre côté du lit s’attendant à toucher le corps de l’homme avec qui elle est rentrée hier soir. Elle ne connaît même pas son prénom, ou alors il lui a dit et elle ne s’en souvient plus, mais cela a si peu d’importance. Comme les autres, elle ne le reverra certainement jamais. D’ailleurs, elle s’interroge parfois sur ce qu’ils sont devenus. Ce matin encore, le schéma se reproduit, il est parti sans la réveiller, sans lui dire un mot. Ces aventures d’un soir ne lui apportent rien, elle n’est même pas heureuse lorsqu’ils font l’amour, elle se fait l’impression d’être un corps sans vie, sans âme… Comment en est-elle arrivée à ne plus savoir aimer, à ne plus savoir donner ni recevoir ? Comment expliquer ce vide qui l’emplit, cette absence d’envie de vivre? Elle n’a pas de réponse. Il lui faut juste continuer à avancer, à survivre, faire semblant de faire partie de ce monde qui l’entoure.

Elle quitte la douce chaleur du lit et se précipite dans la salle de bains où elle ouvre en grand le robinet d’eau chaude. La douche brûlante la réchauffe, elle se frotte énergiquement comme cherchant à effacer toute trace de cette nuit sordide et sans chaleur. Elle émerge doucement et retrouve un peu d’énergie en pensant à la journée qui l’attend. Elle sourit en pensant aux corps qui lui passeront entre les mains dans les heures à venir, ceux-là au moins ne partiront pas avant qu’elle en ait fini avec eux.

Elle a toujours été fascinée par la médecine légale, passion qu’elle et Max partagent depuis longtemps, maintenant. Il travaillait déjà à l’institut lorsqu’elle est arrivée. Ils se retrouvent chaque après-midi dans le grand bureau qui leur a été attribué et travaillent en silence, chacun à la rédaction de ses rapports. Ils se parlent peu, se contentent d’un coup d’œil de temps en temps pour s’assurer que l’autre va bien et d’un sourire chaque fois que leurs regards se croisent. Ce n’est qu’en fin de journée qu’ils prennent le temps d’échanger leurs impressions sur les différents cas qu’ils ont eus à étudier, ou tout simplement de parler un peu d’eux. Elle sait qu’il est amoureux d’elle, d’un amour sans condition, à la limite de la démesure. Il la regarde avec tant d’adoration qu’elle en est parfois gênée, qu’elle s’en veut alors d’être une telle peste, de le faire si souvent souffrir par son attitude détestable. Au moins, aujourd’hui il n’aura pas à essuyer sa colère et son amertume puisqu’il n’est pas de garde.

Elle est donc surprise, l’après-midi, lorsqu’elle le voit assis derrière son bureau, en train de travailler.

- « Hey, tu es là ? Je te croyais en congé, aujourd’hui, non ?
- Bonjour, ma Belle ! Moi aussi je suis content de voir… J’avais un rapport à terminer avant ce soir.
- Bien. Désolée si je t’ai déconcentré. »

Elle fait le tour de son bureau et allume son ordinateur, se connecte à Internet et à sa messagerie. Le premier message qu’elle lit lui fait l’effet d’une gifle. L’expéditeur n’est autre que son très cher collègue pot de colle et les questions qu’il lui pose ont le mérite d’être claires :

- « Tu l’as emmené chez toi le type avec qui tu es partie hier soir, n’est-ce pas ? Tu as l’intention de le revoir ? Il baise bien au moins ? »

Elle lève la tête et ses yeux brillent de colère.

- « De quel droit oses-tu me poser ce genre de question ? Qui es-tu pour croire que tu peux t’incruster dans ma vie, dans mes nuits, me dire qui je dois voir et quand ?
- Ah… tu as lu mon message…
- Oui, j’ai lu ton message et je te prie de répondre à ma question, qui es-tu pour te permettre se genre d’attitude envers moi ?
- Non, toi d’abord… Alors ? Tu as eu une nuit intéressante ? Je l’ai vu repartir ce matin, le pauvre…
- Pardon ? Tu l’as vu repartir ce matin ? Tu l’attendais ? En bas de chez moi ? Mais qu’est-ce que tu foutais là, hein, dis-moi ? »

Ils se regardent dans les yeux, l’électricité dans l’air est palpable, une telle tension n’était encore jamais arrivée entre eux, ils savent qu’ils sont en train d’atteindre un point de non retour, qu’une tempête va éclater dont ils ne sont pas sûrs de se relever, mais rien ne les fait taire…

- « Arrête, je t’en prie, arrête, Max !! Tu vas trop loin, je ne suis pas ta chose, je ne suis pas à toi !
- Pas encore, mais tu verras, tu le seras, bientôt. Il suffit juste que tu acceptes l’idée que les autres ne sont pas pour toi.
- Pourquoi parles-tu des autres ? Laisse-les, tu ne sais pas ce qu’ils sont pour moi, tu ne peux pas savoir…
- Oh que si, détrompe-toi, j’en sais beaucoup plus que tu ne le crois. Je sais tout ce qu’ils ont pu être pour toi : rien, absolument rien que des types de passage, une nuit, comme ça, vite fait. Combien d’entre eux t’ont rappelée ? Aucun.
- Comment peux-tu affirmer cela ? Qu’en sais-tu ?
- Je le sais, c’est tout et peu importe comment je le sais.

Elle le fixe, effrayée qu’il soit si sûr de lui… Un doute germe dans son esprit, elle a une pensée horrible mais la rejette. Elle ne veut pas croire qu’il soit responsable du silence des hommes qui ont croisé son chemin depuis tout ce temps. Et pourtant, elle se souvient de son attitude si sarcastique, chaque lendemain matin, ses allusions aux nuits agitées en voyant ses yeux cernés. Il savait forcément qu’elle n’avait pas passé la nuit seule. Et elle réalise alors qu’aucun n’a jamais cherché à la revoir, elle n’a plus jamais entendu parler d’eux…

Elle se lève d’un bond, contourne son bureau et lui fait face :

- « C’est toi, n’est-ce pas ?
- ….
- Réponds !! C’est toi, dis ? Qu’as-tu fait ? «

Il se lève lentement et la rejoint. Elle a un mouvement de recul, elle refuse qu’il la touche.

- « Je t’en supplie, Max, dis-moi : qu’est-ce que tu as fait à ces hommes ?
- Ce qu’il fallait…
- Cela veut dire quoi, « ce qu’il fallait » ?
- Cela veut dire que j’ai fait en sorte qu’ils ne t’importunent plus, définitivement. »

Elle le regarde, horrifiée à l’idée de ce que cet esprit malade a pu faire à ces hommes.

- « Non… tu ne les as pas… dis-moi que tu ne leur as pas fait de mal…

Il s’approche doucement, tend la main et lui caresse doucement la joue, repoussant une mèche qui cache une partie de ses jolis yeux en colère mais si tristes. Il sait qu’elle aura du mal à lui pardonner, mais il est persuadé qu’elle y parviendra, avec le temps.

- « Ne pleure pas, ma belle, ne sois pas si triste. Ces hommes ne te méritaient pas, tu es si belle… Aucun d’entre eux n’aurait pu t’aimer comme je t’aime, tu le sais…
- Tais-toi !! Je ne veux pas, tu entends ? Je ne veux pas que tu m’aimes, je ne veux pas t’aimer, tu es un monstre !!
- Chuuut…. Calme-toi, je t’en prie, viens…
- Non !! Lâche-moi !! Ne me touche pas !!

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Elle recule encore de quelques pas. La pièce est petite, elle ne pourra pas aller beaucoup plus loin. Il s’approche toujours. Elle frissonne à l’idée qu’il puisse la toucher. Il faut qu’elle bouge. Elle doit le fuir. Soudain ses fesses heurtent le bureau. Sa main glisse sur le lourd meuble si lisse à force d'être ciré. En frôlant le pot à crayons, elle sent la poignée de l'ouvre lettres en argent qu'il lui a offert l'an dernier pour Noël. Il n’est plus qu’à quelques centimètres d’elle maintenant. Elle sait qu’il va vouloir la prendre dans ses bras. Elle ne le supportera pas. Ses idées sont confuses, elle est partagée entre la colère, la peur et l’horreur. L’ouvre-lettres est maintenant dans sa main. Sa vue, brouillée par les larmes, ne distingue plus que la forme de son visage proche du sien. Dans un hurlement de fureur, elle lève brusquement la main et lui plante la lame dans la gorge. Juste avant de s’effondrer, il la regarde une dernière fois et elle peut lire dans ses yeux tout ce qu’il ressent pour elle, tout ce qu’aucun autre ne lui donnera jamais.



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Dernière édition par Ladysabel le Mar 2 Déc - 7:00, édité 1 fois
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Romulus

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MessageSujet: Re: Une peste   Mar 2 Déc - 5:50

Tu fais preuve de beaucoup d'imagination, en plus c'est bien écrit.

Bravo pour cette passionnante histoire.
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MessageSujet: Re: Une peste   

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Une peste
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